Comment agir
Si tu es victime d'un viol, tu as le choix de :
Personne n’est à ta place et cette décision t’appartient.
Il est important de faire le choix que tu juges être le mieux pour toi. Personne ne doit te forcer à aller contre cette décision. Ton choix est respectable peu importe celui que tu fais.
Si tu ne veux pas porter plainte :
Même si tu ne portes pas plainte, il est important de ne pas négliger l’examen médical. Un viol reste une pénétration sexuelle qui est rarement protégée et présente alors un risque pour toi, soit d’IST (infections sexuellement transmissibles), de VIH (dont le stade le plus avancé de la maladie est le Sida) ou encore risque de grossesse.
Qui consulter ?
Le mieux est de consulter le service spécialisé de la médecine légale, qui sert à constater les coups et les blessures (aussi appelé unité médico-judiciaire), dans les centres hospitaliers.
Si tu ne souhaites pas préciser que tu consultes suite à un viol, tu peux te tourner vers un(e) gynécologue, te présenter aux Urgences ou encore vers ton médecin et dire que tu viens suite à un rapport potentiellement à risque et que tu souhaites vérifier que tout va bien.
Néanmoins, même si tu n’envisages pas de porter plainte, tu vas peut-être changer d’avis à l’avenir, alors préciser le motif de ta consultation permettra au médecin de chercher des lésions ou traces de traumatismes, puis il te donnera ensuite un certificat médical, celui que tu devras donner à la police si un jour tu souhaites déposer plainte, cela t’aidera davantage dans ta démarche.
Si tu veux porter plainte :
Il y aura alors 4 étapes :
Examen médical
Dépôt de plainte
Instruction de la plainte
Audience & Jugement
À noter : une aide financière existe pour t’aider à payer les frais d’avocat : l’aide juridictionnelle. Pour cela, il faut te présenter à la maison de la justice et du droit de ta ville.
En premier, si possible, on rassemble les preuves. En pratique, ce n’est pas simple mais ce qui est conseillé en théorie après un viol, c’est de garder le plus de preuves possible en évitant de se doucher après, de ne pas laver les vêtements portés qui peuvent être utile durant l’examen médical.
L'examen médical
Lorsque tu portes plainte, la police émet une réquisition policière et tu seras donc prise en charge par un médecin afin d’enregistrer un certificat médical.
Le médecin se doit d’expliquer le déroulement de l’examen, les différentes étapes et de t’écouter attentivement pour que l’examen se passe au mieux et ne soit pas un nouvel événement traumatisant, rien ne doit être fait sans ton autorisation.
L’examen médical est réalisé par un médecin légiste, il sert à réunir des preuves, vérifier ton état de santé et retrouver l’ADN de l’agresseur si possible.
Il commencera par un examen général, en observant ta peau pour voir si il y a des traces de violences, des coups, des bleus, griffures etc. Puis un bilan lésionnel principalement au niveau vulvaire pour déceler d’éventuels déchirures ou plaies, ensuite il effectue un examen comme chez le gynécologue afin de recueillir les cellules de l’agresseur au niveau des parois vaginales.
Pour terminer, il fait un bilan psychologique pour évaluer ton état et te réorienter vers des spécialistes qui te correspondront le mieux.
Suite à cet examen, le médecin légiste transmettra directement le certificat médical à la police, qui sera utilisé comme preuve.
Si les vêtements ont été gardés en l’état, des prélèvements y sont effectués pour y trouver des résidus de matière humaine.
Le dépôt de plainte
Tu peux te présenter à la Gendarmerie ou dans un Commissariat de Police, soit près de chez toi, soit près du lieu de l’agression.
Tu peux demander à être entendue par une personne du même sexe si cela te rassure.
Tu devras expliquer ton agression, répondre aux questions afin d’être la plus précise possible. Ce n’est pas facile mais la personne qui sera devant toi est là pour t’aider et non pas pour te juger.
C’est lors de ce dépôt de plainte que tu seras orienté afin de passer un examen médical.
Une enquête est alors ouverte. Tu as le droit de demander d’être tenue informée du déroulement et de l’avancement.
L’agresseur peut être aussitôt interpellé ou être convoqué plus tard pour être entendu à son tour.
S’il est nécessaire pour l’enquête, il peut y avoir une confrontation avec l’agresseur, ce qui consiste à être convoqué dans le même bureau par l’enquêteur et de revenir sur vos déclarations. Il est normal de redouter ce moment mais c’est une étape très importante pour la suite de l’enquête et tu as le droit d’être accompagnée par un avocat (au titre de l’aide juridictionnelle et donc totalement gratuit).
Suite à cet entretien, l’agresseur est souvent conduit devant un Juge d’Instruction qui demandera ou non au Juge des Libertés et de la Détention le placement de ce dernier en détention.
C’est alors que commence l’instruction de la plainte.
L'instruction de la plainte
Le juge d’instruction va mettre en place un long processus d’enquête, qui peut durer 1 an, voir plus, afin de se faire préciser aussi exactement que possible les faits de l’agression, connaître la personnalité de l’agresseur, en ordonnant une expertise psychologique et psychiatrique, connaître son environnement etc.
Il entendra l’agresseur qui devra s’expliquer sur les faits et lui donnera sa version. Puis il t’entendra également. Il attendra de toi que tu lui détailles, malheureusement, le plus possible le déroulement de ton agression. Cette épreuve difficile est obligatoire.
L'audience du jugement
Une fois le processus d’instruction terminé, une date d’audience de jugement te sera donnée, soit :
– au Tribunal Correctionnel (si la qualification retenue est celle d’agression sexuelle)
– à la Cour d’Assise (si la qualification de viol est retenue)
L’agresseur devra faire face à ses actes, s’expliquer sur les faits et connaîtra sa sanction auprès des Juges.
De ton côté tu n’es pas obligée d’y assister mais ta présence est primordiale. Pourquoi ? Pour que ton agresseur comprenne que tu n’as plus peur, pour que tu entendes toi-même le verdict et la peine encourue.
Pour toi, c’est sûrement une étape indispensable à ta reconstruction, pour que tu sois fière de toi d’avoir mené le combat jusqu’au bout, pour te rendre compte à quel point tu as été courageuse, que ça a été long mais que tu es restée forte et vas pouvoir débuter ton chemin de renaissance et reprendre goût à la vie.